Lignes Directrices de Gestion (LDG) : un outil qui doit garantir l’équité, pas l’arbitraire

 

Depuis l’entrée en vigueur de la loi de transformation de la fonction publique, les Lignes Directrices de Gestion (LDG) occupent une place centrale dans la gestion des carrières des agents publics. Présentées comme un outil de modernisation et de simplification, elles ont profondément modifié les règles en matière d’avancement, de promotion et de mobilité. Derrière ce discours officiel de transparence, elles sont en réalité trop souvent utilisées comme un outil de pilotage unilatéral, au détriment des droits des agents.

À la CGT SDIS 33, nous rappelons que les LDG ne peuvent en aucun cas servir à contourner les statuts ni à légitimer des choix arbitraires.

 

Les LDG : de quoi parle-t-on exactement ?

Les LDG fixent les orientations générales de gestion des ressources humaines, notamment pour :

  • l’avancement de grade ;

     

  • la promotion interne ;

     

  • la valorisation des parcours professionnels ;

     

  • la mobilité et l’accompagnement des carrières.

     

Elles sont arrêtées par l’autorité territoriale après avis du comité social territorial (CST).
Depuis la suppression du rôle décisionnel des CAP en matière d’avancement, les LDG constituent désormais le principal cadre collectif censé protéger les agents.

C’est précisément pour cette raison que leur contenu est déterminant.

 

Au SDIS 33 : des inquiétudes légitimes

La CGT SDIS 33 constate que les LDG peuvent devenir :

  • un outil de sélection opaque, fondé sur des critères flous ;

     

  • un moyen de renforcer le pouvoir discrétionnaire de la hiérarchie ;

     

  • un facteur d’inégalités entre agents, à valeur professionnelle égale.

     

L’absence de critères réellement opposables et contrôlables fragilise les agents et les prive de toute visibilité sur leur avenir professionnel.

 

Avancement et promotions : une transparence indispensable

L’avancement de grade ne peut reposer que sur des éléments objectifs et vérifiables :

  • la valeur professionnelle réelle, évaluée sur des critères connus ;

     

  • l’expérience acquise au fil des années ;

     

  • les formations suivies et les compétences mobilisées ;

     

  • le bilan de compétences annuel, tel que prévu par les textes.

     

La CGT SDIS 33 dénonce les pratiques consistant à :

  • privilégier la docilité ou la proximité hiérarchique ;

     

  • écarter des agents expérimentés sans justification ;

     

  • maintenir des collègues dans des carrières bloquées.

     

Une carrière ne doit pas dépendre d’un avis subjectif ou d’une stratégie managériale déconnectée du terrain, mais du travail réellement accompli.

 

LDG et conditions de travail : un lien trop souvent ignoré

Les parcours professionnels sont directement impactés par :

  • les dépassements du temps de travail ;

     

  • l’usure professionnelle ;

     

  • la toxicité des fumées ;

     

  • les contraintes physiques et psychologiques du métier.

     

Pour la CGT SDIS 33, il est inacceptable que les LDG fassent abstraction de ces réalités.
Une carrière juste est indissociable de la protection de la santé des agents.

Reconnaître l’engagement, c’est aussi :

  • tenir compte des expositions réelles aux risques ;

     

  • garantir des déroulements de carrière compatibles avec l’âge et l’usure ;

     

  • ne pas pénaliser les agents victimes de leur engagement.

 

Les exigences de la CGT SDIS 33

La CGT SDIS 33 revendique des LDG :

  • conformes aux statuts nationaux et au droit de la fonction publique ;

     

  • fondées sur des critères clairs, objectifs et opposables ;

     

  • garantissant une traçabilité complète des décisions ;

     

  • permettant un droit réel à l’information et au recours pour les agents.

     

Nous exigeons que chaque agent puisse :

  • comprendre les règles qui s’appliquent à sa carrière ;

     

  • connaître les motifs d’une décision ;

     

  • être accompagné et défendu en cas de litige.

     

La CGT SDIS 33 aux côtés des agents

Les LDG ne doivent pas être un outil de gestion autoritaire.
Elles doivent devenir un véritable outil de garanties collectives, au service :

  • des agents ;

     

  • du service public de sécurité civile ;

     

  • de l’égalité de traitement sur l’ensemble du territoire.

     

La CGT SDIS 33 restera pleinement mobilisée, interviendra dans toutes les instances et accompagnera chaque collègue confronté à une décision injuste ou opaque.